La Vallée
Nature, culture et imaginaire.
Photos, peintures, installations
Loin du pouvoir et des feux des projecteurs, dans les plis du massif montagneux de la Belledonne, se trouve une terre fertile, abondamment irriguée. Vaulnaveys, le haut et le bas sont deux villages presque accolés, légèrement en périphérie de la ville de Grenoble, Vizille et son château du 17ème au Sud, Saint Martin d’Uriage et ses bains thermaux au nord. Caché par la montagne, le soleil s’annonce tard, parfois même en toute fin de matinée, selon la saison et sa position relative. Les nuages s’engouffrent dans la vallée, l’humidité est persistante. C’est le paysage avec tout ce qu’il comporte de sens, couleurs, sons et odeurs, formes, lumières et mouvement.
Lorsque le soleil se lève enfin, la lumière illumine le haut de la colline, glisse sur la forêt, inondant la vallée de sa chaleur bénéfique. Espaces dégagées ou ciel et terre se rejoignent.
Des jaunes oxydes et ocres rouges se mêlent à des verts encore très vifs, alors que l’automne transforme tout. Un long hiver demande à sublimer plus encore l’arrivée du printemps, observer la pousse, les couleurs et les rythmes terrestres. La lumière anime et transforme. Les teintes sont plus vives, le paysage enrichi de surbrillances. L’impression d’immensité semble, à première vue, limitée par la présence dans le champ visuel de câbles à haute tension ainsi que leurs pylônes, rouges et blancs qui traversent le paysage. Le pylône est un élément d’interprétation. Présents sous une forme ou une autre depuis le début de l’industrialisation, les câbles acheminent l’électricité depuis les barrages vers les villes. Ils sont utiles. Les cables dessinent des traits dans le paysage naturel, contre la montagne au loin, se dressant comme « les cheminées les clochers, ces mats de la cité » (Baudelaire, Paysage). Le pylône de fer a potentiellement une forme artistique signifiante, une valeur symbolique. L’équilibre est-il maintenu entre la nature et notre culture, entre bâti, espaces agricoles et naturels, dans l’espace et dans le paysage ?
Les saisons



Je verrai les printemps, les étés, les automnes ;
Et quand viendra l’hiver aux neiges monotomnes,
Je fermerai partout portières et volets
Pour bâtir dans la nuit mes féeriques palais.
Paysage, Beaudelaire.












La nature et l’élément construit s’imbriquent et se confondent comme dans une peinture de Cézanne. Passant de l’urbain aux campagnes, de la mer aux montagnes. D’une contemplation des étoiles à l’immersion dans l’espace virtuel. Qui sommes-nous dans notre environnement ? Les images restent, nous accompagnent un moment, parfois pour toujours. Qu’en est-il des traces, des couleurs, des profondeurs et contrastes ? On peut voir et percevoir sans observer contempler ou analyser. On peut regarder comme « dans le vide » sans conscience ou au contraire s’impliquer émotionnellement. Ces images forment nos rêves et notre réalité et, Le Paysage, comme dans le poème de Baudelaire, où l’observation du quotidien permet, l’hiver venu, « L’Emeute tempêtant vainement à ma vitre, (…) D’évoquer le printemps avec ma volonté ».
Sans observation, sans volonté, que feront apparaître ces images persistantes de la réalité réelle et virtuelle « quand viendra l’hiver aux neiges monotones » ?
EJ 27/07/26





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